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Sébastien-Philippe LAURENS Journaliste et Historien

Sébastien-Philippe LAURENS Journaliste et Historien

Comme le disait Winston Churchill : “ La vérité est incontestable, la malveillance peut l’attaquer, l’ignorance peut s’en moquer, mais à la fin, elle demeure." ---------------------------- Et je rajouterai que la curiosité permet de la faire émerger. ------ Journaliste, Historien et Géo-politologue, passionné par l’Histoire, la Culture, et tant de choses… ------------------------------ Toute une passion, ce site est là pour le plaisir du partage... au plus grand nombre humblement par un regard sur le monde sans juger ou orienter... ---------------------------------------------------------- Alors venez à la découverte, soyez curieux... Et bonne lecture...


Oradour-sur-Glane - Souviens-toi, Remember… le 10 juin 1944

Publié par Sébastien-Philippe LAURENS sur 4 Mai 2018, 22:05pm

Catégories : #Oradour-sur-Glane, #Histoire, #CeJourLà, #Seconde Guerre Mondiale, #France, #Résistance, #Général de Gaulle, #10 juin 1944

Oradour-sur-Glane - Souviens-toi, Remember… le 10 juin 1944

Oradour-sur-Glane, c’est l’histoire d’un paisible village de Haute-Vienne, situé à 22km au Nord-Ouest de Limoges, parfaitement innocent et cependant figé à jamais par la barbarie nazie, lors de cette dramatique journée du 10 juin 1944. Oradour-sur-Glane, c’est 642 victimes : 207 enfants, plus une trentaine de bébés, 245 femmes et 190 hommes.

 Une poignée d’heures a suffi à le Waffen S.S. comprenant la 3ème compagnie du régiment S.S. Der Führer et de la 2ème division panzer Das Riech, pour assassiner, piller, incendier méthodiquement Oradour. Une poignée d’heures pour éradiquer le passé, ruiner le présent et démolir l’avenir.

« Dans l’horreur, il n’y a pas d’échelle de valeur. Et quels que soient les actes accomplis, nous avons le devoir de transmettre ce passé parce qu’un peuple sans histoire est un peuple déraciné. »

Jean-Claude Peyronnet, Sénateur

Cette tragédie, ce massacre, cette tuerie qui s’est produit dans la journée du 10 juin 1944, reste gravé à jamais dans la mémoire de toute personne qui franchit les grilles d’Oradour.  Alors souvenons-nous…

Oradour-sur-Glane - Souviens-toi, Remember… le 10 juin 1944

Le 10 juin 1944, le déchainement de l’enfer....

Près de deux soldats de la Waffen S.S. encerclent le village, vers 14h00. Peu avant 15h00, l’ensemble de la population est rassemblée sur le champ de Foire. Alors un officier demande à Monsieur le Maire, le docteur Desourteaux de désigner 30 otages. Ce dernier refuse est se propose lui et sa famille.

Les femmes et enfants sont séparés des hommes et conduit vers l’église. De leurs côtés, les hommes sont divisés en quatre groupes et sont enfermés dans la grange Laudy, la grange Milord, le garage Desourteaux, le chai Denis, la grange Bouchoule, le garage et la remise Beaulieu.

Pour le récit du massacre a proprement parlé je préfère laisser la parole à Monsieur Jean-Marcel Darthout, un des rescapés hommes et à Madame Maguerite Rouffanche :

 

Le Massacre des hommes :

Jean-Marcel DARTHOUT

« Les S.S. nous divisent en plusieurs sections, chacune d'elles devant se rendre vers un local bien déterminé qui deviendra... un centre d'extermination... Notre section arrive au hangar qui lui est destiné... Notre gardien, posément...s'allonge à terre et, avec dextérité, engage une bande dans sa mitrailleuse.

 

Toute défense comme toute fuite est impossible. Alors le drame éclate dans toute son horreur. A bout portant, des rafales de l'arme automatique fauchent les hommes qui hurlent de douleur et de rage impuissante. Les deux jambes atteintes, je me jette à terre au moment même où deux balles me pénètrent dans les cuisses. Dix secondes à peine ! Tous sont morts ou grièvement blessés. Ecrasé par le poids des cadavres dont je suis recouvert, dégouttant de sang, j'entends encore les Allemands armer leurs fusils et achever ceux qui remuent...

Puis, croyant leur œuvre de mort achevée, ils nous recouvrent de foin et de fagots... Il reste bien encore des vivants parmi nous, et certains chuchotent des mots d'encouragement et d'espoir. A côté de moi, un camarade qui, les deux jambes brisées, essaie en vain de se soulever. Hélas ! il périra brûlé vif comme tant d'autres. Car, après un quart d'heure d'absence, les bourreaux sont de retour. On entend le craquement d'une allumette, puis d'une seconde, et le feu s'allume...

La chaleur rapidement devient intolérable. N'y pouvant tenir, une épaule à demi brûlée, je me dresse au-dessus du brasier, m'offrant inconsciemment à la balle qui pourrait mettre fin à cet horrible supplice.

Stupéfait, je regarde : plus personne. Vite, les amis, fuyons. Mais quatre seulement pourront me suivre. »

 

Le massacre des femmes et enfants :

Maguerite Rouffanche

« Entassés dans le lieu saint, nous attendîmes de plus en plus inquiets la fin de préparatifs auxquels nous assistions.

Vers 16 heures, des soldats âgés d’une vingtaine d’années, placèrent dans le nef, près du chœur, une sorte de caisse assez volumineuse dans laquelle dépassaient des cordons qu’ils laissèrent traîner sur le sol. Ces cordons ayant été allumés, le feu fut communiqué à l’engin dans lequel une forte explosion soudain se produisit et d’où une épaisse fumée noire et suffocante se dégagea.

 

Les femmes et les enfants, à demi asphyxiés et hurlant de frayeur, affluèrent vers les parties de l’église où l’air était encore respirable. C’est ainsi que la porte de la sacristie fut enfoncée sous la poussée irrésistible d’un groupe épouvanté. J’y pénétrai à sa suite et, résignée, je m’assis sur une marche d’escalier. Ma fille vint m’y rejoindre. Les Allemands, s’étant aperçus que cette pièce était envahie abattirent sauvagement ceux qui y avaient cherché refuge. Ma fille fut tuée près de moi, d’un coup de feu tiré de l’extérieur. Je dus la vie à l’idée que j’eus de fermer les yeux et de simuler la mort.

Une fusillade éclata dans l’église, puis de la paille, des fagots, des chaises, furent jetés pêle-mêle sur les corps qui gisaient sur les dalles. Ayant échappé à la tuerie et n’ayant reçu aucune blessure, je profitai d’un nuage de fumée pour me glisser derrière le maître-autel. Il existe dans cette partie de l’église trois fenêtres. Je me dirigeai vers la plus grande qui est celle du milieu et à l’aide d’un escabeau qui servait à allumer les cierges je tentai de l’atteindre.

Je ne sais alors comment j’ai fait, mais mes forces étaient décuplées. Je me suis hissée jusqu’à elle, comme j’ai pu. Le vitrail étant brisé, je me suis précipitée par l’ouverture qui s’offrait à moi. J’ai fait un saut de plus de trois mètres.

Ayant levé les yeux, je me suis aperçue que j’avais été suivie dans mon escalade par une femme qui, du haut de la fenêtre me tendait son bébé. Elle se laissa choir près de moi. Les Allemands, alertés par les cris de l’enfant, nous mitraillèrent. Ma compagne et le poupon furent tués. Je fus moi-même blessée en gagnant un jardin voisin. Dissimulée parmi les rangs de petits pois, j’attendis dans l’angoisse qu’on vienne à mon secours. Je ne fus délivrée que le lendemain vers 16 heures. »

Carte des lieux de supplice

La fin du drame 

Au soir de ce 10 juin 1944, le pillage et la destruction du village est achevé. Les derniers cris d’agonie se taisent, juste reste le bruit des flammes qui détruisent ce paisible village où l’horreur. Au lendemain, il n'existe plus que des pans de murs calcinés desquels s'échappent encore de la fumée et le silence de la mort, Oradour-sur-Glane est rayé de la carte avec ses habitants avec ces 328 constructions et 642 habitants. De ce drame, ne survivra que six personnes s'étant échappées des lieux de supplice : 5 hommes et une femme, et quelques autres personnes qui échappèrent à la tragédie car elles étaient absentes du bourg ou cachées ou enfuies à l'arrivée des allemands par crainte.

 

« Plus de Haine, mais pas d’Oubli ! »

Jean-Marcel Darthout

Le Devoir de Mémoire...

De nos jours, lorsque l’on se rend dans le village, on peut imager la vie à Oradour. On peut deviner les voix, distinguer, dans l’embrasure des portes, à travers les fenêtres, les visages et les silhouettes ; mais seul le silence règne, avec les murs calcinés, les maisons éventrées.

 

Quand on ressort de ces murs, on sait quels fut le supplice de ces 642 victimes. L’histoire d’Oradour-sur-Glane, c’est celle de ces hommes, femmes et enfants, qui sont morts pour la France.

Oradour doit et restera à jamais au-delà de ces ruines où chaque pierre est gardienne de la mémoire des victimes, un lieu de recueillement universel contre la barbarie.

Faire revivre Oradour-sur-Glane est un devoir de mémoire.

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