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Sébastien-Philippe LAURENS Journaliste et Historien

Sébastien-Philippe LAURENS Journaliste et Historien

Comme le disait Winston Churchill : “ La vérité est incontestable, la malveillance peut l’attaquer, l’ignorance peut s’en moquer, mais à la fin, elle demeure." ---------------------------- Et je rajouterai que la curiosité permet de la faire émerger. ------ Journaliste, Historien et Géo-politologue, passionné par l’Histoire, la Culture, et tant de choses… ------------------------------ Toute une passion, ce site est là pour le plaisir du partage... au plus grand nombre humblement par un regard sur le monde sans juger ou orienter... ---------------------------------------------------------- Alors venez à la découverte, soyez curieux... Et bonne lecture...


8 avril 1904, l’Entente cordiale, ou l’amitié Franco-Britannique

Publié par Sébastien-Philippe LAURENS sur 28 Octobre 2018, 19:38pm

Catégories : #CeJourLà, #Politique, #Défense Nationale, #Esprit de défense, #France, #Histoire, #Première Guerre Mondiale, #Entente Cordiale, #8 avril 1904, #Royaume-Uni, #Edouard VII, #Président Loubet, #@BlogLSP

8 avril 1904, l’Entente cordiale, ou l’amitié Franco-Britannique

Le rapprochement entre Londres et Paris, malgré des conflits d'intérêts en particulier en ce qui concerne les questions coloniales, se décide en 1904, en tissent des liens plus étroits entre le Royaume-Uni et la France. Ainsi est née l'Entente cordiale qui ne s'agit pas d'une alliance, mais d'une série d'accords bilatéraux destinés à aplanir les différends coloniaux entre les deux ennemis héréditaires.

L’expression d’« Entente cordiale » désigne au sens strict des accords qui furent signés à Londres, le 8 avril 1904, entre les gouvernements du Royaume-Uni et de la République française. L’Entente cordiale est importante parce qu’elle préfigure et annonce en quelque sorte la communauté d’inspiration et de combat qui unira la Grande-Bretagne et la France au cours des deux guerres mondiales du XXe siècle.

Une entente ou une alliance ...

Au tournant du siècle, l'idée d'un rapprochement franco-britannique semble confuse. Les deux pays se livrent à une compétition acharnée en Afrique pour l'extension de leurs empires coloniaux. 

L'incident de Fachoda est encore frais dans les esprits : en 1898, le général britannique Horatio Herbert Kitchener avait humilié la France dans cette ville du Soudan située sur le cours supérieur du Nil. Il existe également des différends au Siam, en Thaïlande, à Madagascar, en Égypte et au Maroc. Le conflit à propos des droits de pêche sur les côtes de Nouvelle-Zélande risque aussi d'envenimer les relations. En outre, l‘Angleterre est en conflit avec la Russie tsariste, un proche allié de la France. 

L'Allemagne considère une alliance entre Londres et Paris si impensable qu’elle abandonne ses propres négociations avec la Grande-Bretagne en 1901, au bout de trois ans de tentative. Pourtant, un changement s'annonce à Londres. Au début de 1902, le Premier ministre Robert Salisbury est remplacé par son neveu Arthur lames Balfour, qui, contrairement à ses prédécesseurs, n'émet aucune réserve particulière vis-à-vis de la France. Il a l’intention de faire sortir son pays de la « splendid isolation », c'est-à-dire de son isolement par rapport au continent européen.

Même l'Angleterre a besoin d'alliés, car malgré la victoire britannique, la guerre des Boers en Afrique du Sud a révélé les limites militaires de cette grande puissance. De plus, l'Allemagne, grâce à un programme maritime ambitieux, menace de dominer la Royal Navy jusqu'alors incontestée. 

L'interlocuteur français plus important pour Balfour est Paul Cambon, ambassadeur à Londres depuis 1898, qui a obtenu l'ordre de Paris de travailler à un rapprochement. Cambon entame des pourparlers avec des personnalités en vue bien que les deux pays refusent officiellement d'engager des relations plus étroites.

8 avril 1904, l’Entente cordiale, ou l’amitié Franco-Britannique

Une entente ou une alliance ...

Au tournant du siècle, l'idée d'un rapprochement franco-britannique semble confuse. Les deux pays se livrent à une compétition acharnée en Afrique pour l'extension de leurs empires coloniaux. L'incident de Fachoda est encore frais dans les esprits : en 1898, le général britannique Horatio Herbert Kitchener avait humilié la France dans cette ville du Soudan située sur le cours supérieur du Nil. Il existe également des différends au Siam, en Thaïlande, à Madagascar, en Égypte et au Maroc. Le conflit à propos des droits de pêche sur les côtes de Nouvelle-Zélande risque aussi d'envenimer les relations. En outre, l‘Angleterre est en conflit avec la Russie tsariste, un proche allié de la France.

L'Allemagne considère une alliance entre Londres et Paris si impensable qu’elle abandonne ses propres négociations avec la Grande-Bretagne en 1901, au bout de trois ans de tentative. Pourtant, un changement s'annonce à Londres. Au début de 1902, le Premier ministre Robert Salisbury est remplacé par son neveu Arthur lames Balfour, qui, contrairement à ses prédécesseurs, n'émet aucune réserve particulière vis-à-vis de la France. Il a l’intention de faire sortir son pays de la « splendid isolation », c'est-à-dire de son isolement par rapport au continent européen.

Même l'Angleterre a besoin d'alliés, car malgré la victoire britannique, la guerre des Boers en Afrique du Sud a révélé les limites militaires de cette grande puissance. De plus, l'Allemagne, grâce à un programme maritime ambitieux, menace de dominer la Royal Navy jusqu'alors incontestée. L'interlocuteur français plus important pour Balfour est Paul Cambon, ambassadeur à Londres depuis 1898, qui a obtenu l'ordre de Paris de travailler à un rapprochement. Cambon entame des pourparlers avec des personnalités en vue bien que les deux pays refusent officiellement d'engager des relations plus étroites.

Vers un accord pour l’Entente...

L'entrée en fonction du roi d'Angleterre Édouard VII, qui accède au trône à la mort de sa mère la reine Victoria en 1901, apporte un espoir du côté français. Le nouveau souverain connaît bien la France et l'apprécie à sa juste valeur. Un changement s'opère lorsque le monarque vient en visite à Paris en mai 1903. Le président français Émile Loubet vient le saluer personnellement à sa descente du train.

Le roi Édouard VII s'attire la sympathie de son hôte, en vantant ses mérites, pour preuve voici un télégramme de remerciement envoyé par le Roi au président Loubet : « Avant de quitter le sol français, je désire vous remercier encore une fois très chaleureusement pour l’accueil amical que vous et votre gouvernement et le peuple m’ont accordé en France, et pendant mon séjour à Paris, dont le souvenir ne s’effacera jamais de ma mémoire ».

Entente Cordiale entre Edouard VII et Émile Loubet © Getty

Deux mois plus tard, Émile Loubet et son ministre des Affaires étrangères Théophile Delcassé, font une visite de cinq jours à Londres pour continuer les discussions.

Des deux côtés de la Manche, le public soutient désormais ces efforts. Mais les résultats tardent. Le traité ne sera signé que le 8 avril 1904 aux termes de longs pourparlers. Le différend sur la pèche en Nouvelle-Zélande est réglé ; la France obtient le champ libre au Maroc, tandis que Paris reconnaît la prédominance britannique en Égypte.

L'Entente Cordiale est consolidée en 1907 avec l'accord anglo-russe sur la Perse, qui balaye les vieilles oppositions existant entre les grandes puissances.

8 avril 1904, l’Entente cordiale, ou l’amitié Franco-Britannique

Une Entente pour lutter contre l’ennemi...

Le traité de 1904 ne comporte aucune clause de politique générale, ne liant pas le sort des deux nations dans une alliance comparable à celle qu'ont conclu la France et la Russie et laisse à l'Angleterre toute sa liberté d'action.

En établissant un climat de cordialité entre les deux anciennes puissances rivales, il prépare incontestablement un rapprochement plus étroit.

L'Entente cordiale annonce bien un nouveau groupement des puissances. Les arrangements de 1907 conclus par la Grande-Bretagne avec la Russie, et son alliance avec le Japon, préparent la coalition qui se formera en 1914 contre les Puissances centrales.

Le « sang versé en commun » sur les champs de bataille de 1914-1918 ; la solidarité dans la fondation de la Société des Nations ; ensuite et surtout la nouvelle justification morale de l’alliance des démocraties par une répulsion commune contre l’hitlérisme, tout cela a progressivement, au long du XXe siècle, renforcé l’alliance et nourri ses fondements moraux.

 

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